01 juin 2008
L'histoire
Voici ma nouvelle histoire, j'espère qu'elle intéressera plus de monde que la précédente. Je vous présente Anthony, un garçon qui a eu une vie pour le moins mouvementée faite de haine, de folie, de sang et de désillusions.
Je vous laisse avec votre guide.
Le début de la fin
C’est une histoire dont on connaît le dénouement, une histoire qui commence par la fin, car je l’ai décidé et c’est irréversible, je vais me suicider.
Vous me connaissez sûrement, je suis Anthony, le chanteur du célèbre groupe de rock Angels Of Fire. Je suis actuellement âgé de 24 ans. J’avais pensé à mourir à 27 ans, l’âge maudit des rocks stars. Kurt Cobain, Jim Morrison, Jimmy Hendrix et Janis Joplin, tous sont morts à cet âge. Je voulais aussi mourir à 33 ans, l’âge du Christ mais il y a des limites à la mégalomanie. Si je décide de mourir ce n’est pas uniquement pour rejoindre le panthéon des rocks stars, loin de moi cette idée d’ailleurs. Je pense simplement que j’ai trop vécu, que de toute façon, mes démons me rattraperont toujours. Je voulais tout de même laisser une trace et raconter mon histoire. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous guider vers le chemin d’un esprit tourmenté qui ne trouvera jamais le repos même après la mort.
Mon enfance
Il faut savoir que Léa et Dany Baker m’ont élevé mais ne sont pas mes vrais parents. Par conséquent Kévin et Franck ne sont pas vraiment mes frères mais je n’ai jamais remis notre fraternité en question. Dany Baker était d’origine américaine, il était né en Californie. Il avait une très haut poste chez Microsoft et son entreprise se trouvait au Etats-Unis. Il était donc très souvent absent. Quant à Léa elle était femme au foyer étant donné que le travail de Dany leur rapportait largement de quoi vivre. De plus, s’occuper de deux garçons n’était pas tâche facile. Elle aurait aimé avoir une fille. Malheureusement elle est devenue stérile lorsque Dany et elle avaient décidé de faire un troisième enfant. Ils décidèrent donc d’adopter. Ma mère avait beau vouloir une fille dès l’instant où elle a posé ses yeux sur moi elle a su que c’était moi qu’elle voulait au sein de la famille. J’étais, d’après elle, un très beau bébé. Je suis alors devenu Anthony Baker. Mes deux frères avaient respectivement 5 et 3 ans à ce moment là. Kévin, le plus âgé, ne se faisait pas du tout à l’idée d’avoir un autre petit frère tandis que Franck était impatient d’avoir quelqu’un avec qui jouer. Seulement, en grandissant, je suis devenu un enfant très solitaire qui jouait seul la plupart du temps ou avec les chiens des voisins. J’ai toujours adoré les animaux. Ils comprennent tellement mieux que les humains sans leurs flots de paroles inutiles. Je n’ai jamais été quelqu’un de très bavard. Quelque fois, j’allais traîner avec mon frère Kévin et ses amis. Je me sentais plus proche de lui car il était plus vieux et que j’étais un enfant très mûr pour mon âge au grand dam de mon frère Franck qui lui ne pensait qu’à jouer aux voitures et autres débilités de ce genre. J’étais non seulement un enfant très mûr mais aussi très réceptif aux émotions des autres. Je savais que quelque chose n’allait pas chez ma mère. J’avais déjà compris que les longues absences de mon père la rendaient malheureuse. Evidemment que pensez-vous qu’un homme aussi riche que lui faisait à des milliers de kilomètres de sa famille. C’est depuis ce moment que j’ai commencé à détester les hommes. J’avais même honte d’en être un. Pendant que la femme se sacrifie pour élever les enfants, l’homme va se payer du bon temps avec d’autres femmes, se fichant éperdument du mal qu’il peut faire. J’en parlais souvent avec Kévin qui était surpris qu’un garçon de mon âge ai déjà de tels pensés. Lui et moi étions de plus en plus proches surtout lorsque nous avons commencé à partager une vraie passion pour la musique. J’avais 8 ans lorsque je suis tombé sur un concert des Sex Pistols. J’ai eu soudain une révélation. Je voulais faire ça dans ma vie, de la musique, monter sur scène et tout casser. Un peu plus tard, Kévin m’a fait découvrir AC/DC, Black Sabbath, Motörhead et tous les autres groupes de légendes. J’avais trouvé ma raison de vivre. Quelques mois s’écoulèrent et mon père vint nous rendre visite. D’après mes souvenirs, il venait nous voir environ 3 fois par an, pas plus. Mais ce jour là c’était différent, je le sentais. Mes parents me regardaient avec un air tendu et une fois le dîner terminé ils me demandèrent de rester avec eux pour parler de quelque chose d’important. J’étais âgé de 10 ans et ils jugèrent qu’il était temps de m’avouer la vérité à savoir que j’étais adopté. Je suis resté muet quelques minutes puis j’ai hurlé. De toutes mes forces. J’ai hurlé à mes parents que je les détestais et je suis monté en courant dans ma chambre. Je me suis enfermé et je restais sourd aux appels implorants de mes parents ainsi qu’aux interrogations de mes frères. Je refusais d’ouvrir même à Kévin. Quand la nuit tomba, je choisis de m’enfuir par la fenêtre. Puis j’ai couru, je ne savais pas où je courais mais je voulais aller le plus loin possible de ces parents qui m’avaient menti pendant si longtemps.
Descente aux enfers
J’avais marché pendant des heures, je m’étais perdu. Mes larmes ne cessaient de couler et je me sentais vidé. Le silence pesant de la nuit me rendait nerveux. Quand des bruits ont commencé à se faire entendre, je suppliais pour que le silence s’installe de nouveau. Une demi-heure plus tard, je me retrouvais dans un cul de sac. Le quartier était désert, les quelques maisons qui s’y trouvaient étaient totalement dévastées et surtout il y avait cette odeur de mort qui rendait l’air irrespirable. J’allais rebrousser chemin lorsqu’une main se posa lourdement sur mon épaule. Je fis volte-face et je vis un homme sale et effrayant qui se tenait devant moi. Il avait les mains recouvertes de sang et semblait ne pas s’être lavé depuis des années. Il semblait pourtant assez jeune mais sa barbe crasseuse et emmêlée lui donnait l’impression d’avoir dix ans de plus. Lorsqu’ un sourire se fraya un chemin sur son visage ravagé je me rendis compte qu’il lui manquait des dents et le peu qui lui restait étaient jaunes. Sa voix était glutturale lorsqu’il me demanda ce que je faisais ici. Je restais muet de peur et fixais mes yeux sur le scalpel qu’il tenait entre ses doigts sales. Quand il le leva au dessus de ma tête un élan de colère s’empara de moi. Je perdis conscience un instant. J’entendais juste les hurlements de douleur de mon agresseur. Je sentis soudain un goût de sang dans ma bouche. Lorsque je repris le contrôle de moi-même, je pris conscience que je lui avais arrachée l’oreille simplement avec mes dents. Je jetai un regard autour de moi et vis que plein d’hommes m’encerclaient avec un regard ébahi sur leurs visages semblables à celui de l’homme que j’avais blessé. L’un d’eux prit la parole :
« Il reste avec nous ».
Sans comprendre ce qu’il m’arrivait je fus emmené dans l’un des bâtiments délabré. La pièce n’était pas éclairée, l’odeur de la mort était bien plus présente que dehors et pour cause, un cadavre découpé en morceaux se trouvait en plein milieux. Plusieurs hommes me mirent de force sur une chaise tandis qu’un autre me planta sauvagement une aiguille dans le bras. Quelques minutes plus tard, je me sentis apaisé. Toute ma frayeur avait disparu. L’homme venait de m’injecter de l’héroïne. Il se mit à me sourire béatement :
« Voila comment ça marche, si tu veux ta dose quotidienne il va falloir faire tes preuves »
Mes idées se brouillèrent et je ne comprenais pas vraiment ou il venait en venir. J’allais malheureusement le comprendre bien assez tôt.
02 juin 2008
Soif de sang
L’homme qui m’avait injecté l’héroïne me conduisit dans une autre pièce. Elle était semblable à la précédente sauf qu’il y avait quelqu’un attaché à la chaise. C’était un homme d’une trentaine d’années qui apparemment avait déjà subi les sévices de mes nouveaux compagnons. Il avait le nez cassé et du sang lui recouvrait le visage. Je remarquai également qu’il lui manquait des doigts. Il essayait désespérément de contenir ses larmes mais celles-ci roulaient abondamment sur ses joues et se mêlaient à son sang avant de s’écraser sur le sol. Mon « guide » posa tour à tour ses yeux sur la pauvre victime et sur moi.
« Celui-là est déjà commencé, tu vas le finir »
Il me tendit alors un couteau qui avait à l’évidence servit énormément de fois car il était tordu et le sang était incrusté. Sans comprendre réellement ce que je faisais, je pris l’arme et la planta violement dans l’œil du prisonnier. Ses hurlements se mêlèrent à ma colère incontrôlable et à ma soif de sang soudaine. Je lui ouvris le ventre puis l’égorgea sans ressentir aucune gêne. Ses entrailles tombèrent mollement sur le sol. Quand il rendit enfin son dernier souffle, je fis tomber le coureau par terre et quittai la pièce. Le temps passa et je me fis aux coutumes de la bande. Nous nous nourrissions souvent des cadavres de nos victimes tels des vautours. Je tuai des hommes sans m’émouvoir et en échange je recevais ma dose d’héroïne quotidienne. Voir un enfant de seulement 10 ans être d’une telle sauvagerie dépassait l’entendement. Je pensais au début que j’agissais sous l’influence et la dépendance à la drogue mais je compris ensuite que la soif de sang m’animait. J’avais beau être devenu complètement fou, je refusais de faire du mal aux femmes. Je ne les secourais cependant pas pour autant. Souvent je les entendais me supplier de les sauver pendant que mes compagnons les violaient sans relâche. Ils étaient également nécrophiles et se livraient à des pratiques sexuelles sur les cadavres qui étaient encore entiers sans parler des enfants qu’il leur arrivait de ramener. C’était d’ailleurs ça qu’ils préféraient : les femmes et les enfants. Comme je ne voulais m’occuper que des hommes, ils me les laissaient sans discuter. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 12 ans dans cet enfer de folie et de sang. Cet enfer qui m’a hanté tout au long de ma vie, jusqu’à ce que mes parents retrouvent enfin ma trace et que la police mette fin au massacre.
Retour à la normale
Avant de retourner chez mes parents, j’ai passé un an en hôpital psychiatrique. Un an, c’est sans doute un peu trop court pour un assassin juvénile tel que moi mais j’avais pleinement conscience de ce que j’avais fais et je voulais le pardon. Cette rédemption je ne l’ai d’ailleurs jamais obtenu, je ne me la suis jamais accordé. Les psychiatres ont diagnostiqué une schizophrénie légère. Enfin, elle ne l’était pas au début mais j’ai réussi à reprendre le contrôle de moi-même pendant cette année grâce aussi à l’aide des médicaments. Je me suis juré de ne plus jamais retomber dans la violence mais je n’ai pas réellement tenu cette promesse. Une fois de retour chez mes parents, la violence physique a fait place à la torture verbale. Je les insultais dès qu’ils avaient le malheur de m’adresser la parole et il n’était pas rare que je leur crache au visage. Pour moi c’était eux les responsables de tout ça. Sinon avec mes frères tout était normal. Ils ne me posaient pas de questions sur ce qu’il s’était passé, ils étaient juste contents de me revoir. Mes parents avaient une tâche délicate à accomplir : me scolariser à nouveau. Il était dur pour un enfant avec des antécédents psychiatriques qui, de plus, avait manqué les cours pendant deux ans, de trouver une école qui veuille bien l’accepter. Toujours est-il qu’un établissement m’avait donné ma chance. Entre temps je m’étais trouvé un nouveau défouloir : le skateboard. J’en faisais tous les soirs avec mon frère Kévin ou seul. J’avais également adopté un look gothique avec lequel je ne passais pas inaperçue. Cela m’a causé pas mal de soucis à l’école. Je me faisais taper dessus régulièrement par les gros bras de ma classe mais je ne rendais pas les coups. Je ne voulais plus de bain de sang. Lorsque ma mère m’interrogeait sur les blessures que j’avais au visage, je lui répondais que j’étais tombé en skate. Elle n’insistait pas. Elle avait trop peur que je fasse une nouvelle fugue. Mais un jour, je me suis décidé à me défendre. Je n’en pouvais plus de me faire malmener sans rien faire. Kévin avait l’un de ses meilleurs amis qui détenait un club de musculation. Lorsque je lui ai dit qui j’étais, il m’a laissé m’entraîner gratuitement. Je passais des heures entières à passer mes nerfs sur le punching ball. J’étais en sueur à la fin de la journée. Au bout de quelques temps ma masse musculaire avait décuplé. J’ai donc décidé de me venger et de coincer tous ces petits malins qui me faisaient vivre l’enfer un par un et de les rouer de coups. Evidemment comme le proviseur me tenait à l’œil, je me suis vite fait repérer et j’ai été renvoyé de l’école. Il a donc fallu que ma mère redouble de courage pour me trouver un autre établissement qui pourrait bien vouloir de moi. Par miracle, elle avait réussi à en trouver un où je fis des rencontres cruciales
06 juin 2008
Rencontres
Au départ dans cette nouvelle école les choses n’étaient pas réellement différentes. On se moquait toujours de moi sur mon passage, les autres ne m’approchaient pas mais au moins on ne me frappait plus. Je n’avais aucun amis jusqu’au jour où je remarquai la présence d’un garçon habillé avec un T-shirt AC/DC. Il n’en changeait jamais. Il était dans la même situation que moi, les autres se moquaient de lui et il était seul. Je me suis décidé à aller le voir pendant une récréation. Nous avons vite sympathisé car nous avions les mêmes goûts musicaux. Il s’appelait Christian et comme son T-shirt l’indiquait il vouait un véritable culte au groupe AC/DC. Il connaissait absolument tout à leur sujet et rêvait de devenir aussi talentueux qu’Angus Young. Il était lui-même guitariste mais n’avait jamais prit de cours. Il reproduisait simplement les morceaux à l’oreille ce qui m’impressionnait énormément. Il était grand, blond avec des yeux noisette peu expressifs. Il y avait également autre chose qui nous rapprochait : nos problèmes de famille. Son père était mort dans un accident de voiture et sa mère avait du mal à joindre les deux bouts. La guitare qu’il possédait avait d’ailleurs appartenu à son père et était en piteux état mais faute de mieux il devait s’en contenter. Christian et moi sommes vite devenus les meilleurs amis du monde. Je passais mon temps chez lui à écouter e la musique et à jouer de la guitare avec lui. Je découvris que j’étais doté du même don que lui. J’avais une capacité d’assimilation des morceaux impressionnante et je les reproduisais en peu de temps. En dehors de Christian j’avais rencontré quelqu’un d’autre au cours de cette année. C’était une fille qui était arrivée en cours d’année, elle s’appelait Nathalie. Elle avait de longs cheveux blonds et une peau pâle comme le clair de lune. Elle est venu me parler pour me demander où se trouvait la salle du prochain cours, j’ai alors ressenti quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant. Mon cœur s’est mit à battre deux fois plus vite et je sentais une chaleur monter soudainement en moi comme si la température avait augmenté d’un seul coup. Je me suis mis à bafouiller et elle m’a sourie. Je me sentais heureux. Je ne savais pas ce que le bonheur voulait dire car je ne l’avais jamais ressentie. Ce mot prenait tout son sens à présent. A chaque récréation, elle venait me demander comment j’allais. Elle restait durant un instant bien trop court selon moi pour discuter un petit peu puis elle retournait voir les garçons de ma classe que je détestais. Ces mêmes abrutis qui me lançaient des insultes quand je passais devant eux. Un jour, je dus me rendre à l’évidence : j’étais amoureux de Nathalie et je devais le lui avouer pour avoir une chance d’être avec elle. J’avais tout préparé, poème apprit par cœur, petit discours d’introduction et la question cruciale à la fin « Est-ce que tu veux sortir avec moi ? ». Quand le moment fatidique arriva, j’étais en sueur et je ne pouvais plus tenir en place. Lorsque qu’elle est sortie de la classe, je lui ai demandé si je pouvais lui parler seul à seul. Les mots avaient du mal à sortir mais je suis tout de même parvenu à lui dire tout ce que j’avais prévu. Lorsque j’eus fini, elle éclata de rire. J’avais l’impression que le monde s’écroulait sous mes pieds, un peu comme le jour où mes parents m’avaient dit que je n’étais pas leur fils. Je la regardais rejoindre ses copains en courant, elle me pointait du doigt en riant. Ils avaient tous leurs regards braqués sur moi et se moquaient de moi. Je suis alors parti furieux du collège me fichant éperdument de ce qu’on me dirait. Une fois chez moi, j’avais une furieuse envie de pleurer mais je ne réussis qu’à me casser la main contre le mur dans un élan de rage. C’était décidé, plus jamais je ne retomberai amoureux d’une fille.
08 juin 2008
Première expérience
Pendant plusieurs jours, j’ai refusé d’aller en cours. Je ne sortais de chez moi que le soir pour rejoindre Christian. Celui-ci tentait désespérément de me réconforter en me disant que ce n’était que la première et que plein d’autres suivraient. Seulement j’étais décidé à ne plus jamais m’attacher à une femme. Elles étaient trop cruelles et sans pitié. Une idée surréaliste me traversa alors l’esprit. Je me disais que si je choisissais de devenir gay je n’aurai plus de problèmes. Evidemment je ne me doutais pas à l’époque qu’être gay n’était pas une affaire de choix mais j’étais décidé. Je choisis de ne pas en parler à Christian pour le moment. J’avais trop peur de sa réaction. Le soir suivant je me rendis donc dans une boîte gay du coin. Je n’ai pas eu besoin de montrer ma carte d’identité car je faisais bien plus que mon âge notamment grâce à ma carrure. Lorsque je mis les pieds dans cet endroit, je ne me sentis pas du tout à mon aise. Je me suis quand même décidé à aller vers le bar histoire de me saouler pour me détendre. Alors que je vidais bières après bières presque d’un seul trait, je vis un homme s’approcher de moi avec un grand sourire. Il était très séduisant. Musclé, bruns, les cheveux presque rasés et des yeux très clairs et captivants. Il me proposa de m’offrir un verre. Je ne savais plus trop ce que je faisais car l’alcool commençait à me monter à la tête. J’ai accepté son offre et on a commencé à parler. Il s’appelait Adam. Au fur et à mesure de la conversation, je sentais sa main me caresser la cuisse. Je sentais que son excitation était grandissante jusqu’à ce qu’il me propose d’aller chez lui. J’ai accepté sans hésiter. De toute façon, j’étais trop ivre pour réfléchir. Une fois chez lui, il se mit à me faire une fellation. Je n’étais pas vraiment excité mais je me laissais faire. Après quelques minutes il s’arrêta et me regarda droit dans les yeux.
« Je te sens pas vraiment dans le truc. »
Effectivement, je n’y étais pas du tout et je sentais mes paupières devenir lourdes à cause de tout ce que j’avais bu. Il me laissa dormir avec lui. Je me suis écroulé comme une masse et le lendemain matin, je sentais que ma tête allait exploser. C’était ma première cuite et je la supportais mal. Je sentis soudain une pressente envie de vomir. Je courus vers les toilettes et me suis littéralement vidé. Une fois sorti, je vis Adam avec un verre d’eau et un cachet d’aspirine à la main.
« Je me doutais bien que t’allais être dans cet état avec tout ce que t’avais bu alors je t’ai amené ça »
Je l’ai remercié et j’ai prit le cachet. Je me sentais assez coupable de ce qui s’était passé. Il était tellement gentil avec moi alors je lui avais fait perdre son temps. Je lui ai avoué la raison pour laquelle j’étais dans cette boîte hier soir et que je n’étais définitivement pas gay. Il se montra très compréhensif et me rassura. Il attendit que je me remette de mes émotions et me ramena chez moi. Lorsque nous sommes arrivés, il se pencha vers moi pour m’embrasser. Notre baiser fût tendre et passionné. Il me dit que si je changeais d’avis je pouvais toujours l’appeler. Tandis que je rendais jusqu’à ma chambre, je vis ma mère m’examiner longuement. Elle avait envie de me demander où j’étais mais avait trop peur de ma réaction pour prononcer le moindre mot. Je montais les escaliers pour rejoindre ma chambre lorsque je vis Kévin me lancer un regard complice.
« Tu me raconteras hein ? »
Je me sentis vraiment gêné. Kévin était un garçon totalement macho et pour lui deux mecs ensemble c’était « gerbant ». Je me voyais mal lui dire que j’avais passé la nuit avec un homme.
11 juin 2008
Révélations
Le lendemain de cette aventure, j’ai décidé de rejoindre Christian pour en parler avec lui. Au moment où je suis sorti de ma chambre je suis tombé sur Kévin qui m’attendait avec un sourire qui en disait long.
« Il est plus puceau le Tony ? »
Pendant un instant j’ai hésité à lui dire la vérité puis j’ai choisis d’en parler d’abord à Christian et de me décider en fonction de sa réaction. Après tout, il était comme un frère, sa réaction et celle de Kévin avaient autant d’impact sur moi. J’ai bafouillé un mensonge à mon grand frère. Oui j’avais couché avec une fille mais je n’avais pas envie d’en parler pour le moment. Il me flanqua une grande tape sur l’épaule en me disant qu’on avait tout le temps d’en discuter entre hommes. Oui, entre hommes, il était bien là le problème. Une fois arrivé chez Christian, ce dernier me dévisagea comme s’il présentait quelque chose. Je me suis donc jeté à l’eau. Je lui ai tout avoué du début jusqu’à la fin sans omettre un seul détail. A ma grande surprise il ne parut pas plus choqué que ça. Il me comprenait. Il m’a dit qu’après tout c’était normal d’essayer et qu’au moins maintenant j’étais fixé. Je me suis senti soulagé et déterminé à le dire aussi à mon frère. Je l’ai attendu dans le salon toute la journée. Ma mère essayait désespérément de nouer le dialogue avec moi. Je faisais comme si elle n’était pas là. Elle abdiqua au bout d’un certain moment et m’ignora comme je le faisais. Lorsque Kévin fut rentré j’ai demandé à lui parler seul à seul, dans sa chambre. Il avait l’air très satisfait que je me décide aussi vite. Une fois tous les deux, j’ai tout raconté sans tourner autour du pot.
« Hier j’étais avec un homme. Je sais pas si on peut dire qu’il m’a dépucelé. Il a juste commencé à me sucer mais j’ai pas aimé. C’était juste pour savoir »
Kévin resta muet pendant de longues minutes. Puis il me dit simplement :
« Dégage »
J’ai obéis et je suis retourné dans ma chambre. Bizarrement je n’étais pas attristé par sa réaction. J’avais dis ce que j’avais à lui dire, tant pis s’il ne se montrait pas aussi digne de confiance qu’un grand frère devait le faire. Il refusa de m’adresser la parole durant quelques semaines jusqu’au soir où il frappa à ma porte pour me dire qu’il était désolé et que je pouvais bien être pédé ça ne changeait pas grand-chose mais qu’il était quand même content que je ne le sois pas. J’ai ouvert la porte et je lai serré dans mes bras ce que je n’avais jamais osé faire auparavant. A partir de ce moment nous étions vraiment unis pour la vie.
16 juin 2008
Mes premiers pas dans la musique
Les années passèrent sans événements notables. A l’école j’étais un élève moyen sauf en anglais et en français où j’étais premier de la classe. J’étais bilingue grâce aux origines de mon père et ma créativité ainsi que ma passion pour la littérature et la poésie française me permettait d’exceller dans mes rédactions. J’avais également de grandes facilités en grammaire et en orthographe. Ca par contre, je n’ai jamais su pourquoi, sans doute grâce à la lecture. A la maison c’était toujours pareil, j’ignorais mes parents et ils n’insistaient pas. Je m’étais considérablement amélioré en skate. J’avais deux grands rêves : devenir skateur ou musicien. D’ailleurs en parlant de musique, je m’essayais à des nombreux instruments. Je m’étais mis au piano, à la batterie, à la basse et à l’harmonica. En ce qui concerne mes influences musicales, elles s’étaient également beaucoup diversifiées. J’étais toujours passionné de rock je me pris aussi de passion pour la pop, la chanson française, le rap et le reggae notamment grâce à Franck. Lui et moi nous sommes beaucoup rapprochés. Avant nous étions comme des étrangers. A présent la complicité que j’avais avec lui égalait presque celle que j’entretenais avec Kévin. C’est d’ailleurs avec ce dernier que j’ai découvert le rap. 2pac et Run DMC faisaient dorénavant partis de ces idoles au même titre que Nirvana ou Metallica. Pour ce qui était de la musique française et de la pop, c’était en quelque sorte mon péché mignon. J’écoutais Edith Piaf, Jacques Brel, Alanis Morissette ou REM en cachette de mes frères qui avaient tout bonnement horreur de ça. Chose un peu moins réjouissante, je m’étais remis à la drogue. J’avais réussi à ne plus rien toucher sans ressentir le moindre manque jusque là mais mon désespoir et ma solitude m’avaient incité à replonger. Je ne me limitais plus seulement à l’héroïne mais aussi à la coke, l’ecstasy ou encore le LSD. Inutile de vous dire que j’étais dans un état plutôt lamentable malgré que ma période gothique me soit passée. J’avais à présent un look assez quelconque. Débraillé certes mais moins effrayant que le précédent. J’étais pourtant un garçon assez mignon. J’étais grand, brun aux cheveux mi-longs, assez musclé pour mon âge et j’avais des yeux d’une clarté exceptionnelle. Seulement mon teint maladif et mon regard agressif n’incitait pas vraiment les autres à venir vers moi. De son côté, Kévin avait été embauché comme barman. On ne se voyait plus aussi souvent lui et moi car il travaillait de nuit. Il m’avait promis que l’on vivrait ensemble lorsqu’il aurait assez d’argent pour partir de la maison. Lorsque le moment arriva je n’eus pas un regard pour mes parents. J’avais décidé d’arrêter mes études sans même passer mon brevet et Kévin ne s’y opposa pas. Je passais mes journées à me droguer pendant qu’il n’était pas là. C’est également à cette période que je me suis mis à écrire mes propres chansons. C’est de là que tout à commencé. L’idée de fonder un groupe est d’abord venue de Kévin. Il tomba par hasard sur une feuille où figurait l’un de mes compositions. Il me demanda ce que c’était. Je lui dis tout simplement que c’était une chanson, que je faisais ça de mon temps libre. Il me demanda de lui en jouer quelque unes et lorsqu’il les entendit il en resta bouche bée. Il se mit à sautiller d’excitation en me disant qu’on pouvait créer un groupe puisque lui savait jouer de la basse, Franck de la batterie et moi de la guitare. Je m’y suis tout d’abord opposé fermement. J’étais convaincue qu’on n’allait jamais y arriver, que mes chansons ne valaient rien. Il essaya pendant longtemps de me faire changer d’avis mais rien n’y faisait. Le déclic me vint grâce à un coup de fil.